Beautiful Dreamer

Le court-métrage de genre a encore de beaux jours devant lui !

Zoom sur Beautiful Dreamer, un court de science-fiction, où le temps est poésie.

Le film s’ouvre sur un paysage enneigé, presque monochrome, où la silhouette d’une famille se détache. Une femme, un homme, une jeune enfant. Très vite séparées par le cadre, la mère et son enfant se regardent tristement, comme pour un adieu. Le monologue explique alors la situation : la mère, gravement malade, va voyager à travers le temps afin de voir sa fille, Amy, grandir. Le décor est planté, l’atmosphère amorcée et le thème annoncé.

Je me concentrerai ici sur la thématique et l’ambiance plus que l’histoire afin de ne pas spoiler. Je vous invite, bien-sûr, à découvrir ce récit par vous-même et à y consacrer 26 petites minutes.

La grande force de Beautiful Dreamer est de nous faire ressentir de l’empathie sans même nous exposer longuement les personnages. Nul besoin ici de nous donner un tas d’informations sur eux. Nous savons qu’il s’agit d’une mère et de son enfant, nous créons automatiquement un lien fort dans nos esprits. C’est en cela que le thème est universel ; c’est en cela que le film est puissant et sensible.

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Lors des premières retrouvailles entre Amy et sa mère, le fardeau des deux personnages se fait fortement ressentir. Elle illustre parfaitement la thématique : comment recréer un lien familial avec un parent perdu ? Amy choisit d’insérer des images de sa mère sur des photographies familiales. L’idée, à la fois belle et sombre, sera  la représentation même du sous-texte du film. Nous pouvons créer une présence fantômatique mais celle-ci ne remplacera jamais l’être physique. En effet, la figure maternelle est omniprésente dans l’esprit de l’enfant. Ce manque aura pour effet de causer une fracture. Fracture qui se déclenche lors de l’adolescence d’Amy qui rejette sa mère. Ainsi, chaque rencontre, à chaque étape de la vie d’Amy, est noyée sous ce sentiment de nostalgie, de tristesse, de bonheur. Toute la panoplie des sentiments humains se déroule sous nos yeux tout comme la vie d’Amy.

Chose importante à noter : le début peut amener à penser que le personnage principal est la mère. Cependant, il s’agit plutôt d’Amy (seul personnage à avoir un prénom d’ailleurs) : l’histoire nous est contée de son point de vue.

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26 minutes, c’est peu pour raconter toute une vie. Le réalisateur choisit donc de faire des ellipses de plusieurs années. Celles-ci sont signifiées par des séquences oniriques, presque fantastiques, mélangeant cosmos, corps et nature. Chaque séquence de vie est coupée par une séquence « fantasmagorique » qui nous donne une indication sur l’âge d’Amy.

Le rapport au temps est un facteur à prendre en compte afin de comprendre tout l’enjeu, aussi tragique soit-il. Deux ans. Le compte à rebours avant la mort. Comment utiliser un temps si précieux ? Faire le choix de voir son enfant vieillir est-il le bon ? Question à laquelle ne répond pas vraiment Beautiful Dreamer. Chacun se forgera son avis en fonction de sa propre expérience. Le court raconte simplement l’histoire d’Amy et sa mère, fractionnées à travers le temps et l’espace comme deux aiguilles d’une même horloge qui s’éloignent et se rapprochent à un cycle régulier.

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Pour voir le film (sous-titré) c’est ici.

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