Bifrost #1

En y repensant, cela fait longtemps que Bifrost m’intéresse. Lorsque je passais mon temps à errer dans le rayon science-fiction des librairies, la couverture de la revue me fascinait de par ses couleurs, ses dessins mais aussi ses titres de dossiers toujours plus intéressants les uns que les autres. Mais je restais en retrait, la regardant de loin pendant de longues minutes. Puis, vint le moment où j’ai eu envie d’aller voir plus près, d’explorer le ton, l’angle de la revue. Me voilà donc à feuilleter Bifrost dans les allées de la Fnac. L’acheter ou ne pas l’acheter ? Telle est la question… À cette sombre époque, mon budget ne me le permettait pas. Feuilleter les pages devint alors un sport addictif pour moi. Mais cela m’empêchait de réellement me plonger dans les écrits.

Seulement, lors de mon passage aux Utopiales 2017, je craque au milieu de toute cette effervescence. J’achète le numéro 88. Trois semaines après, aux Rencontres de l’imaginaire de Sèvres, je me procure le numéro 1 directement sur le stand de Le Bélial ainsi que le hors-série BD. Me voici donc en possession de 3 numéros en moins d’un mois.

Pour cette première critique d’un numéro de Bifrost… autant commencer par le tout premier, une plongée nostalgique dans les prémisses de la revue !


« Voilà ça y est ! Il est là, entre vos mains, tout neuf, tout beau, enfin, le-premier-numéro-de-Bifrost ! » . Voilà comment commence ce premier numéro. Phrase intemporelle qui me plonge directement dans un univers de rêverie et d’anticipation comme l’explique l’édito d’Olivier Girard.

Au sommaire, 4 nouvelles :

  • La visite de M. Futur d’Alain le Bussy, entre hommage à la littérature de science-fiction et histoire sordide d’un personnage haut en couleur.
  • Le dernier clochard de Jean-Pierre Planque où l’on retrouve la religion et la vie extraterrestre dans un même espace. Des thèmes dickiens avec une fin aussi inattendue que jouissive !
  • Les larmes d’Horus de Thomas Day, sans doute la nouvelle qui m’aura le plus marqué tant son écriture est fluide et les images presque cinématographiques.
  • Le fruit de nos entrailles de Raymond Milési, une nouvelle sensible, mélancolique, dont la dernière phrase est sans doute la plus représentative.

Bien sûr, et l’édito le souligne très bien, Bifrost est aussi une revue à visée informative. Dès la page 63, on retrouve un Carnet de bord, où les actualités de l’imaginaire sont relayées en cinq grands chapitres.

Ballades sur l’Arc offre un condensé de l’actualité littéraire (ainsi que de la BD) : dernières éditions, prochaines sorties, on y découvre des petites pépites comme par exemple cette encart sur un coffret de 10 ouvrages SF par les éditions Mille et une Nuits (aujourd’hui introuvable ?) ou encore un autre pour la sortie d’un « CD-ROM » inspiré de l’univers de Moebius. Nul doute… nous sommes bien dans le tout premier numéro de Bifrost, en 1996, au milieu des francs et des CD-ROM. Le lire c’est un peu comme voyager dans le temps !

Au travers du prisme est composé d’un texte de Jean-Pierre Planque qui retrace l’histoire du fandom SF et notamment des revues spécialisées. L’occasion de découvrir à quoi ressemblait le monde de la SF en 1996 avec une passion incroyable de la part de l’auteur.

Les Grands Anciens présente deux maîtres de l’imaginaire, comme le sommaire l’écrit, Maurice Leblanc et Villiers De L’Isle Adam. La page dédiée à chacun des auteurs résume bien leurs œuvres et pour des néophytes comme moi, cela est amplement suffisant pour donner envie de les lire.

Histoire de voir est la catégorie qui m’a le plus intriguée (études de cinéma oblige). Que se passait-il au cinéma et à la télévision en 1996 ? Et bien… l’on parlait de la nouvelle trilogie Star Wars, du nouveau film de Luc Besson Le Cinquième Element, du deuxième opus de Jurassic Park et j’en passe. On y fait même des pronostics qui s’avèrent quasi exactes : un Star Wars VII en 2020 (à 5 ans près, on y est) et la mention d’un Jurassic World. BIFROST VISIONNAIRE ! Perturbante ou drôle selon les lecteurs, cette catégorie offre un large panel de l’actualité cinématographique. Mention spéciale pour le petit passage consacré à Screamers, trop méconnu selon moi. 

Paroles de nornes est dédié aux manifestations à venir et aux fanzines. Un tour d’horizon de l’effervescence du fandom SF il y a 20 ans. Intéressant et instructif.


En conclusion, ce premier numéro de Bifrost est exactement comme je me l’imaginais. Un numéro de passionnés pour passionnés, instructif, informatif, divertissant.

NB : Le premier numéro est encore disponible à la vente sur Le Bélial !

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